La lutte anti-graffiti en France. Pénaliser une sous-culture déviante en voie de légitimation

Par Pierre-Edouard Weill
Français

À travers le cas de la lutte anti-graffiti menée en France depuis la fin des années 1980, cet article interroge la pénalisation d’une pratique sous-culturelle toujours envisagée comme déviante, en dépit d’une légitimation sélective. Il justifie d’abord la pertinence d’une approche par la sociologie du droit au regard de l’état de l’art sur le graffiti, avant de préciser les modalités de l’enquête ethnographique et de l’exploitation de données institutionnelles. L’article met ensuite en évidence deux processus étroitement articulés. Premièrement, la codification juridique du graffiti se conjugue à des politiques d’effacement, ainsi qu’à la mise en place de forces de police spécialisées, pour devenir emblématiques d’une lutte contre le sentiment d’insécurité. Deuxièmement, le caractère à la fois limité et controversé de la judiciarisation du graffiti s’illustre à travers la sélection des affaires dignes d’être poursuivies et les arguments à l’œuvre au cours des procès, qui aboutissent à des sanctions mesurées. Sont enfin discutées les implications de ces résultats pour de futurs travaux comparatifs sur les tensions entre légitimation et pénalisation de pratiques sous-culturelles déviantes.

  • GRAFFITI
  • SOUS-CULTURE DÉVIANTE
  • PÉNALISATION
  • JUDICIARISATION
  • LÉGITIMATION
  • SENTIMENT D’INSÉCURITÉ
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