Systèmes d’enquête sur la police : à qui confier le pouvoir de contrôler les policiers ?
L’encadrement des plaintes contre la police oppose enquêtes internes et dispositifs indépendants, sans consensus sur leur légitimité. Sur la base de 59 entretiens avec des policiers québécois visés par au moins une plainte, cette étude mobilise la théorie de la justice organisationnelle (procédurale, distributive et interactionnelle) pour éclairer ce débat. Les résultats indiquent que les dispositifs indépendants, en particulier la médiation, sont perçus comme plus justes, tandis que les affaires internes suscitent un fort sentiment d’injustice. Celui-ci découle de trois dynamiques, soit la gravité et la complexité normative des allégations, le déclenchement des procédures par l’employeur en l’absence de plainte citoyenne, et l’imposition de mesures préventives discrétionnaires. Ces expériences renforcent le déni de responsabilité, empêchent l’externalisation du blâme et fragilisent la solidarité interne. L’analyse conclut que les deux systèmes exercent des fonctions complémentaires : le contrôle interne neutralise certaines pratiques déviantes, tandis que le contrôle indépendant favorise la confiance citoyenne et la légitimité policière.
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- SYSTÈMES D’ENQUÊTE SUR LA POLICE
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- LÉGITIMITÉ POLICIÈRE