Résistance au djihadisme et prévention de proximité dans la culture de la rue : une ethnographie des milieux criminels
FR – Ces deux dernières décennies ont été marquées par une convergence entre les réseaux criminels et certains groupes djihadistes armés : qu’il s’agisse de l’État islamique ou d’Al-Shabaab, les groupes extrémistes rassemblent des individus qui ont souvent un passé criminel. Un certain nombre d’études ont examiné ce phénomène, se concentrant sur les raisons pour lesquelles les personnes ayant un passé criminel seraient attirées par les groupes politico-religieux armés, sur la manière dont ces personnes sont recrutées, sur la menace qu’elles représentent ainsi que sur la manière dont elles se déradicalisent. Cet article prend le contrepied de ce constat et s’attache à expliquer pourquoi et comment la plupart des personnes ayant un passé criminel résistent et combattent non seulement l’idéologie djihadiste mais aussi ses défenseurs. Il s’appuie sur un travail ethnographique de terrain mené auprès de personnes de confession musulmane qui fréquentent les milieux criminels en Norvège. Cet article met en lumière : (1) la manière dont ces personnes appréhendent ceux qu’elles désignent comme « djihadistes » et (2) la façon dont elles agissent à leur égard. Il souligne l’importance de la prévention de proximité, c’est-à-dire les actions préventives menées directement par des membres de la famille ou de la communauté de la rue, qui interviennent très en amont pour limiter la radicalisation et contrer l’influence des djihadistes.
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- djihadisme et prévention